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L'imprimerie française bilan dressé par la Fédération française de l'imprimerie (FICG). Compte rendu d'Antoine Gaillard de Graphiline.com

d4c75ff37c14c45450da10ff1a518a73.pngActualités du 19-11-2007

Conjoncture : l'imprimerie française, entre résistance et consolidation


GraphiLine rediffuse l'intégralité du bilan dressé par la Fédération française de l'Imprimerie (FICG) lors de sa dernière conférence de presse économique.

La redistribution des cartes de la croissance mondiale, l’accélération des mutations des comportements du consommateur (client) en matière de communication et de sa relation avec les médias, sont des tendances lourdes déjà soulignées qui perdureront en s’amplifiant à terme.

Face à ce constat, partagé par nombre d’observateurs du monde de la communication, les industriels du secteur sont décidés à prendre leur destin en main, forts du soutien des pouvoirs publics que ce soit au niveau européen ou sur le plan national.

A cet égard, l’année 2007 qui s’achève est de nature à traduire un virage radical concernant le degré d’engagement des autorités de tutelle pour mettre en œuvre les mesures stratégiques indispensables, à la hauteur des défis que doit relever le secteur de l’industrie graphique. Défis qui visent prioritairement à impulser un nouveau dimensionnement de l’offre industrielle graphique en adéquation avec l’évolution du marché. Celui-ci est ouvert de plus en plus à la mondialisation et à la concurrence agressive de certains pays « émergents » et confronté aux nouvelles attentes des « prescripteurs » pour des solutions globales orientées services. Cela vaut aussi bien pour l’Europe graphique que pour le secteur graphique national.

•    L’Europe Graphique et la mondialisation des marchés

Pour mettre en œuvre un plan d’action pertinent face à cette problématique, la DGE de la Commission Européenne, a commandité une étude stratégique sur l’état de la compétitivité de l’industrie graphique européenne dont les conclusions ont été présentées à Bruxelles le 25 octobre, en présence d’une centaine de participants représentant les diverses fédérations graphiques européennes et partenaires de la filière graphique.



L’existence de cette étude souligne l’engagement de la DGE de la Commission à considérer notre secteur comme l’un des secteurs prioritaires en matière de politique industrielle européenne. A l’évidence, ce n’est pas le moindre des résultats. Rappelons que la France, par l’intermédiaire de la FICG, a largement contribué à cette initiative.

L’évolution récente du marché européen justifie pleinement cette étude. Sans prétendre à l’exhaustivité, soulignons quelques tendances.

-    Le dynamisme des échanges commerciaux de l’UE25 (import + export) avec les pays tiers semble se ralentir, signe d’un affaiblissement de la demande finale estimée entre 1 et 2 % par an sur la période récente (2003/2006).

-    Le déséquilibre croissant de la structure des importations où les flux importés extracommunautaires (hors de l’UE25) ont progressé en valeur, sur les trois dernières années, de 27 % contre seulement 3 % pour les flux intra UE25, traduisant l’accélération des délocalisations vers les zones à bas coûts de production.

-    Cette modification des flux d’échanges profite à la zone asiatique et plus particulièrement à la Chine sur le marché de l’édition de livres. Sur ce segment de marché, la part des imports en provenance de Chine dans le total des flux importés extra Union Européenne a gagné six points de part de marché en trois ans ; le déséquilibre des taux de change euro/yuan aggravant cette tendance.
 
De ces constats et afin de restaurer sa compétitivité, l’industrie graphique européenne doit relever des challenges, qu’ils soient structurels, stratégiques,  technologiques… A cet égard, la Commission Européenne a manifesté clairement son intérêt pour mettre en œuvre les préconisations du rapport (cf. synthèse du rapport sur la compétitivité de l’industrie graphique européenne).

•    De l’Europe au secteur graphique national, le média imprimé au cœur de la réflexion

Les challenges structurels de l’industrie graphique européenne se retrouvent sur le plan national. La mobilisation des pouvoirs publics français se manifeste également par l’organisation du colloque « L’imprimé : un média du futur » des 15 et 16 novembre prochains.

Mobilisation qui là encore vise à accompagner le secteur dans sa mutation industrielle. Cette mutation est nécessaire pour redéfinir entre autres le rôle et la place du média imprimé dans la sphère de la communication globale interactive.

Toutefois, cela ne doit pas occulter pour autant la capacité de résistance exemplaire de l’imprimé. En effet, dans une mise en perspective sur les six dernières années, le marché, c’est-à-dire la demande finale, s’est affaibli de façon modérée de 2,5 % soit à raison de 0,40 % par an.

Certes, depuis 2004, on observe une légère accélération de cet affaiblissement de -1,1 % en 2005 à -1,4 % en 2006, qui devrait s’accentuer en 2007 selon nos estimations et s’établir à -2,5 %.

De même, l’offre industrielle graphique est en prise avec un problème de compétitivité plus marqué qu’au niveau européen. Celui-ci est de nature quelque peu différente, tournée davantage vers l’intracommunautaire. L’examen parallèle de la structure des imports à l’échelle de UE25 et à celle de la France indique que le poids des importations intra-UE est supérieur de sept points à la moyenne européenne. En d’autres termes, l’offre industrielle nationale est en compétition avec les leaders européens que sont l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Belgique, qui avec la France représente 80 % du chiffre d’affaires global de l’industrie graphique européenne.

Ce constat renvoie aux préoccupations maintes fois soulignées par les industriels français qui ne luttent pas à « armes égales » du fait d’une insuffisance d’harmonisation des réglementations de toute nature au sein de l’UE. Sur ce point, il semblerait que la Commission Européenne s’orienterait vers une position plus pragmatique que par le passé. Si tel était le cas, la capacité exportatrice de l’offre nationale qui a atteint le seuil des 10 % en 2006 (5 points inférieur à la moyenne européenne), pourrait mieux s’exprimer et par voie de conséquence son degré de compétitivité s’en trouverait renforcé.

De surcroît, au questionnement sur la compétitivité de l’offre graphique nationale, se pose celui sur sa capacité réactive face au phénomène de la convergence des médias. Avec l’avènement du numérique, une nouvelle génération de « consommateurs » de médias est bien là. La première étude de l’Observatoire de la Convergence Média de mai dernier souligne que ce phénomène est massif. Huit internautes sur dix sont des consommateurs de médias convergents. Le zapping média bouleverse le rôle des médias traditionnels. Ceux-ci sont par ailleurs « chahutés » par la nouvelle donne du marché publicitaire mondial plurimédia.

La dernière livraison de l’étude AD-Barometer souligne l’amplification du phénomène de la double fracture -géographique et numérique - qui régit aujourd’hui le marché. Ainsi, selon AD-Barometer, les investissements publicitaires on line s’élèveront à 30 milliards d’euros nets en 2008.

Dans tous les pays, la croissance du média internet est extrêmement forte et ne présente aucun signe de ralentissement. Face à ce média qui représente près de 50 % de la croissance mondiale du marché, les médias « traditionnels » évolueront sur un rythme beaucoup plus modéré.

Dans ce contexte global peu maîtrisable et où toute prévision est très aléatoire, les industriels du secteur prennent leur destin en main. Ils s’inscrivent, comme nous l’avons déjà souligné, de plus en plus pleinement dans une démarche stratégique pro-active. La problématique environnementale et,  de manière plus générale, le concept de développement durable, témoignent de cette implication devenue aujourd’hui une nouvelle donne économique et sociétale incontournable.

Sur les douze mois écoulés, 500 entreprises ont obtenu la marque Imprim’Vert portant leur total à 1 000. Face à ce succès que la FICG désire amplifier, il a été décidé de pérenniser la marque en la faisant évoluer vers un cahier des charges plus étoffé dit « 3 points » (bonne gestion des déchets dangereux, sécurisation des stockages de liquides dangereux et abandon des produits toxiques). Ajoutons à cela que nombre de donneurs d’ordre exigent de plus en plus fréquemment une certification de la chaîne de contrôle FSC – PEFC. Cette certification forestière devient un outil de référencement comme l’est Imprim’Vert dont le concept est repris tant dans les appels d’offre publics que dans les appels d’offre privés. Cette tendance peut, à la suite du Grenelle de l’Environnement, replacer la « localisation » des flux imprimés au cœur des décisions de certains donneurs d’ordre.

Démarche stratégique pro-active qui se manifeste également par l’abandon de l’individuel au profit du collectif pour prioriser la carte de la stratégie réseau, carte essentielle dont l’objectif est de solidifier le tissu graphique. En un mot, les industriels du secteur affichent clairement leur volonté de transcender leurs propres intérêts pour construire ensemble une nouvelle offre élargie en adéquation avec les attentes du marché.

Telle est la vocation des pôles de productivité graphique qui concilient à la fois la performance collective et la rentabilité de l’entreprise. Le cap de l’intelligence industrielle est en marche au profit du média imprimé afin qu’il reste un vecteur essentiel de la relation client.
Antoine Gaillard © www.Graphiline.com

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