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VIVENDI DEVIENT LE PREMIER ÉDITEUR MONDIAL DE JEUX VIDÉO

15716bb99dc6da493a1945920f3498cb.gifLE RAPPROCHEMENT VIVENDI GAMES-ACTIVISION RELANCE LA SPÉCULATION SUR UBISOFT

Article du 03-12-07 

Ubisoft profite d'un regain de spéculation avec une envolée, à la mi-séance, de 5,14% à 62,57 euros. Le rapprochement entre Vivendi Games et l'américain Activision relance en effet la spéculation sur une poursuite de la concentration du secteur et notamment sur l'hypothèse d'une prise de contrôle de l'éditeur français par son premier actionnaire, l'américain Electronic Arts.

La création d'Activision Blizzard change en effet la donne dans le secteur des jeux video en créant le premier éditeur mondial. Le premier touché est Electronic Arts, actionnaire depuis trois ans d'UbiSoft à hauteur de 15%. Alors que l'Américain se retrouve distancé par la création de cette nouvelle entité, le marché estime qu'il n'a désormais d'autre choix que de monter en puissance dans UbiSoft pour en prendre le contrôle. Une opération qu'il n'a pas réussi à concrétiser jusque-là en raison de l'hostilité d'Yves Guillemot, le président du groupe français.

Lire dans Les Echos du jour : "L'opération change la donne pour les autres éditeurs"

De source de marché, Oddo a relevé sa recommandation sur Ubisoft d'accumuler à achat après l'annonce de cette opération. Pour le bureau d'études, la création d'Activision Blizzard illustre l'intérêt que peuvent présenter des acteurs de qualité sur le segment des jeux vidéo et les valorisations généreuses qui en découlent. Le courtier estime par ailleurs que ce rapprochement conforte un scénario de cession d'Ubisoft à Electronic Arts

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 Jeux vidéo - Vivendi s'offre l'américaine Activision
          
AFP Édition du lundi 03 décembre 2007
Mots clés : Activision, Vivendi, Jeux vidéo, Culture, France (pays)
Paris -- Vivendi a annoncé hier un accord de rachat de l'éditeur américain

de jeux vidéo Activision, une transaction de 18,9 milliards de dollars qui devrait accélérer la croissance du groupe français de médias et de télécoms sur un marché

en forte progression. L'opération se fera par un rapprochement entre la filiale de jeux de Vivendi, Games, et le groupe américain Activision. La nouvelle entité sera baptisée Activision Blizzard, «un leader mondial du divertissement actif» pesant 3,8 milliards de dollars de chiffre d'affaires, selon un communiqué commun des deux groupes. «Activision Blizzard sera la société de jeux vidéo "pure play" [acteur pur] la plus profitable au monde», affirme Vivendi (SFR, Universal Music Group, Groupe Canal +, Vivendi Games). Le groupe français est déjà leader sur ce marché, grâce à World of Warcraft, un jeu de rôle au succès mondial avec 9,3 millions de joueurs, développé par Blizzard, une division de sa filiale Vivendi Games. Avec une progression de plus de 18 % de son chiffre d'affaires au troisième trimestre et de près de 50 % sur les neuf premiers mois, Vivendi Games est une des filiales de Vivendi à la croissance la plus rapide, justement grâce à World of Warcraft. Activision, basé à Santa Monica, en Californie, et fondé en 1979, est également leader sur le marché, mais dans les jeux de consoles (Call of duty, Tony Hawk, Spider-Man, James Bond, Shrek, X-Men, Transformers...). «En rapprochant les activités de Vivendi Games de celles d'Activision, nous créons un leader mondial dans un secteur en très forte expansion», commente Jean-Bernard Lévy, président du directoire de Vivendi, cité dans le communiqué. «En réunissant les leaders des jeux grand public et des jeux en ligne par abonnement, Activision Blizzard sera le seul éditeur à occuper des positions de premier plan sur l'ensemble des secteurs du divertissement interactif», ajoute Robert Kotick, patron du groupe américain. «Nous renforcerons également notre présence sur les marchés asiatiques à forte croissance, notamment la Chine et la Corée, tout en conservant une position de leader en Amérique du Nord et en Europe», ajoute M. Kotick. La transaction, approuvée par le directoire et le Conseil de surveillance de Vivendi et les conseils d'administration de Vivendi Games et d'Activision, reste soumise à l'approbation des actionnaires d'Activision. Évaluée à 18,9 milliards d'euros, elle doit se faire en deux temps. D'abord Vivendi détiendra 52 % d'Activision Blizzard, puis 68 % au terme d'une seconde transaction. Vivendi et Activision estiment que l'opération devrait être conclue au premier semestre 2008 et soulignent qu'elle dopera leurs bénéfices. Activision Blizzard sera coté à la Bourse de New York. Robert Kotick deviendra son directeur général, alors que René Pénisson, actuel président de Vivendi Games, sera son président.

 

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LUNDI 3 DÉCEMBRE 2007

AVEC ACTIVISION, VIVENDI CRÉE LE PREMIER ÉDITEUR MONDIAL DES JEUX VIDÉOS 

Article de Grégoire Poussielgue

Le groupe français va fusionner ses actifs dans le jeu vidéo avec ceux de l'éditeur américain Activision. Le nouvel ensemble, dont Vivendi détiendra jusqu'à 68% du capital, est valorisé 19,8 milliards de dollars. C'est la grande revanche de la division jeux vidéo du groupe français, longtemps très déficitaire, qui doit sa seconde vie à "World of Warcraft".

Les investisseurs attendaient une opération « structurante » de la part de Vivendi, la voici. Le groupe français de médias et de télécommunications a annoncé hier soir la fusion de ses actifs dans les jeux vidéo, réunis sous la bannière Vivendi Games, avec ceux de l'américain Activision. L'opération, qui devrait être finalisée au premier semestre 2008, donnera naissance au plus important éditeur indépendant de jeux vidéo dans le monde, valorisé 19,8 milliards de dollars avec un chiffre d'affaires de 3,8 milliards de dollars. Cette annonce est la plus importante, et la plus significative, pour Vivendi depuis que Jean-Bernard Lévy a pris les rênes du directoire en avril 2005. Elle constitue également une revanche pour la division jeux vidéo du groupe français.

Longtemps très déficitaire, un temps mise en vente, sans succès, par sa maison mère, Vivendi Games vit depuis trois ans une véritable résurrection avec le succès du jeu « World of Warcraft », développé par Blizzard et permettant à des centaines de milliers de participants de jouer ensemble en ligne. Avec 9,3 millions d'abonnés à ce jour, ce jeu représente la majeure partie du chiffre d'affaires de Vivendi Games. Sur les neuf premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires de cette société a atteint 716 millions d'euros (+ 50 %) et son résultat opérationnel s'est envolé de 86 %, à 160 millions. Pour Vivendi, le rapprochement avec Activision permet aussi d'extérioriser la valeur d'un actif (8,1 milliards de dollars) plutôt méconnu des investisseurs, au grand dam de la direction du groupe français.

Mais, revers de la médaille, Vivendi Games compte aussi un énorme retard sur le segment des jeux sur console. Un lourd handicap à l'heure où, la transition technologique terminée, les machines de nouvelle génération - la Wii de Nintendo, la PlayStation 3 de Sony et la Xbox 360 de Microsoft - font décoller le marché.

Complémentarité

La fusion avec Activision apporte une solution a priori complète, l'américain étant très présent sur ces fameuses consoles et offrant des complémentarités parfaites, tant au niveau géographique que sur les lignes de produits. Qui plus est, contrairement au numéro un mondial Electronic Arts, Activision a bien pris le virage des nouvelles consoles et connaît une croissance très forte.

De 1,5 milliard de dollars pour l'exercice clos en mars dernier, son chiffre d'affaires atteindra 2,3 milliards pour celui en cours, selon les prévisions remises à jour la semaine dernière par le groupe, soit une hausse supérieure à 50 %. L'éditeur, présidé par Robert Kotick, bénéficie du succès de jeux comme « Spiderman » ou « Call of Duty » et, surtout, de celui de « Guitar Hero » (qui permet de se prendre pour une star du rock), un jeu dont la dernière version a permis à Activision d'être l'éditeur numéro un aux Etats-Unis en octobre avec une part de marché de 28,7 %. « Cela faisait longtemps que nous voulions faire un leader global des jeux, et nous avions détecté Activision comme partenaire idéal », explique aux « Echos » Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi. De fait, les discussions entre les deux groupes ont débuté en janvier dernier et ont donc mis près d'un an pour aboutir.

Côté chiffres, la nouvelle entité, baptisée Activision Blizzard, dépassera le leader historique du secteur des éditeurs indépendants, l'américain Electronic Arts, qui attend un chiffre d'affaires compris entre 3,35 et 3,65 milliards de dollars pour son exercice clos en mars 2008. En 2009, le nouveau groupe devrait réaliser un chiffre d'affaires de l'ordre de 4,3 milliards de dollars et, espère-t-il, conforter cette position en se développant notamment en Asie.

L'opération se fait à moindre coût pour Vivendi (voir encadré) et elle lui permet donc de faire un mouvement significatif sur un segment en pleine croissance. Autant les opérations de rachat de TPS par Canal+ en 2006 et de BMG Publishing par Universal Music cette année apparaissaient comme défensives, autant la création d'Activision Blizzard se veut largement offensive. Selon une étude publiée en juin par le cabinet d'études PricewaterhouseCoopers, le marché mondial des jeux vidéo devrait représenter un chiffre d'affaires de 49 milliards de dollars à l'horizon de 2011, contre 32 milliards en 2006. Le secteur affiche un taux de croissance de 9 % en moyenne par an, porté par les consoles de nouvelle génération, le jeu en ligne et le jeu sur mobile, que l'on ne retrouve sur aucun marché du divertissement dans les pays occidentaux et qui mettent aujourd'hui le jeu vidéo devant la musique ou le cinéma. Reste, pour le groupe, à orchestrer avec succès cette fusion en retenant les meilleurs développeurs des deux sociétés. Le tout dans un secteur connu pour son taux élevé de rotation des effectifs.

GRÉGOIRE POUSSIELGUE

Une opération en deux temps
Vivendi Games, valorisé 8,1 milliards de dollars dans
le cadre de cette opération, sera fusionné avec une filiale d'Activision. En parallèle, Vivendi va acquérir, moyennant 1,7 milliard de dollars, 62,9 millions d'actions nouvelles Activision. Après dilution, le groupe français détiendra 52 % du nouvel ensemble Activision Blizzard. Dans un second temps, Activision Blizzard lancera une offre publique, d'un montant de 4 milliards de dollars, sur un maximum de 146,5 millions de ses propres actions. Vivendi achètera pour 700 millions de dollars de ces actions. Si cette offre est souscrite en totalité, Vivendi détiendra 68 % du nouvel ensemble, qui restera coté sur le Nasdaq.
Le conseil d'administration sera composé de onze membres, dont six nommés par Vivendi, deux dirigeants d'Activision et trois administrateurs indépendants siégeant actuellement chez l'américain. Le conseil de la nouvelle entité sera présidé par René Pénisson, actuel président de Vivendi Games, et, une fois la fusion finalisée, Robert Kotick,
lePDGd'Activision, deviendra DG d'Activision Blizzard.

 

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