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FRANCE: DES GROUPES DE MÉDIAS PARIENT ENCORE SUR L'AVENIR DE LA PRESSE QUOTIDIENNE RÉGIONALE

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Des groupes de médias parient encore sur l'avenir de la presse quotidienne régionale
LE MONDE | 29.01.08 | 14h57  •  Mis à jour le 29.01.08 | 14h57

Le déclin de la presse quotidienne régionale (PQR) doit être relativisé." C'est ce qu'ont affirmé, lundi 28 janvier, Edouard Coudurier, président du groupe Le Télégramme, et Hubert Coudurier, administrateur et directeur de l'information du Télégramme, à l'occasion du lancement de la nouvelle formule du quotidien mardi 29 janvier. La diffusion de la PQR a bien baissé de près de 700 000 exemplaires en dix ans, mais il y a des contre-exemples.

Ainsi, Le Télégramme a franchi en 2007 la barre des 200 000 exemplaires - dont 75 % abonnés par portage - avec une diffusion en hausse de 0,7 %. Et fait figure d'exception. "Sur le plan capitalistique, le monde de la presse traverse une période de concentration qui pourrait nuire, à terme, au pluralisme de l'information, or c'est une clef de voûte de la démocratie", insiste M. Coudurier.

"La presse quotidienne va continuer à se développer, particulièrement Le Télégramme", qui est passé en dix ans du seizième au huitième rang des quotidiens régionaux, affirme M. Coudurier. Dans sa nouvelle formule, qualifiée de "gros lifting", le journal mise beaucoup sur "une offre éditoriale de qualité" et vise à être un journal "national", face au concurrent Ouest-France, premier quotidien français.

Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 125 millions d'euros en 2007, pour un résultat net de 4,7 millions d'euros, en léger repli en raison de la baisse du marché publicitaire. Il s'est beaucoup diversifié : le quotidien Le Télégramme, qui représentait 100 % de l'activité il y a dix ans, compte aujourd'hui pour les deux tiers, le tiers restant étant le Web, la publicité, la télévision, la course à la voile...

"Je n'avais jamais autant entendu parler de nécessité de qualité éditoriale que ces derniers mois", constate Jean-Clément Texier, banquier spécialiste des médias. Pour préserver son indépendance, le groupe Le Télégramme, basé à Morlaix (Finistère), a créé un holding en février 2007, détenu à 75 % par des actionnaires historiques (essentiellement la famille Coudurier). "Si on compare notre PQR par rapport à tous les régionaux d'Europe, elle est triste, pauvre, et elle ne s'est jamais remise au goût du jour. La nouvelle génération est convaincue que la rentabilité et la reconquête passent par l'amélioration de la qualité et de la lisibilité des journaux", poursuit M. Texier.

Ces derniers mois ont vu de nombreux changements capitalistiques dans la PQR, avec 750 à 800 millions d'euros qui ont été investis, entraînant de nombreux mouvements de personnes et un rajeunissement des dirigeants.

"UN RÔLE DE PROXIMITÉ"

Rémi Godeau, qui était correspondant du Figaro à Londres, et auparavant rédacteur en chef des pages économie, a fait le grand saut. Il est depuis janvier rédacteur en chef de l'Est Républicain (qui appartient au groupe Ebra), où il remplace Pierre Taribo. "La PQR doit se réinventer mais il y a de nombreuses pistes à explorer", explique-t-il.

Autre mouvement, Hedi Dahmani, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Télé Loisirs et ancien rédacteur en chef du magazine people Voici, a pris lundi la direction des rédactions marseillaises du groupe La Provence, où il remplace Gilles Dauxerre. Agé de 42 ans, M. Dahmani se dit fasciné par "la presse populaire de qualité" et affirme que "la PQR a un grand rôle de proximité et de décryptage à jouer".

Le groupe La Provence a été cédé en août par Lagardère à Groupe Hersant Média (GHM) avec le groupe Nice-Matin (Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin) pour 160 millions d'euros. Didier Pillet, ancien directeur de l'information du quotidien régional Ouest-France, a remplacé Stéphane Duhamel à la présidence du groupe La Provence mi-janvier.

Vincent de Bernardi, âgé de 39 ans, qui était directeur du service d'information du gouvernement (SIG), a été nommé en septembre 2007 directeur général du Syndicat de la PQR (SPQR).

Autre mouvement, Bruno Franceschi va être proposé à la présidence du directoire de la Sapeso, société éditrice du quotidien Sud-Ouest, courant mars. M. Franceschi succédera à Jean-Claude Bonnaud, parti à la direction générale des Dernières nouvelles d'Alsace. Agé de 46 ans, M. Franceschi était directeur général délégué du pôle Est de GHM. Le Groupe Sud-Ouest vient de racheter les Journaux du Midi au groupe Le Monde.

En trois ans, ce sont une vingtaine de quotidiens régionaux qui ont changé de mains.


Pascale Santi

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