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La nouvelle vulgate anti-juive, selon Pierre-André Taguieff par Robert Redeker, 17 août 2010

MEDIAS

La nouvelle vulgate anti-juive, selon Pierre-André Taguieff

mardi 17 août 2010, par Robert Redeker


Taguieff, étiologue de la nouvelle vulgate antijuive

Pierre-André Taguieff ne cherche pas à plaire, il cherche le vrai – comme toute l’école du réalisme en philosophie politique, à laquelle, à la suite de Julien Freund, on peut le rattacher. La vérité dans le domaine politique n’a pas forcément le visage aimable qu’une humanité occidentale en quête d’euphorie acéphale recherche. Dans son dernier ouvrage, La Nouvelle Propagande antijuive, Taguieff passe au scanner le discours idéologique dominant, hostile à Israël.

Accusations mensongères et stéréotypes

Chaque instant le confirme : l’’antisionisme et l’anti-israélisme forment un consensus planétaire. Les télévisions, les radios, les journaux s’en font l’écho permanent. Ils semblent aussi naturels que l’air que l’on respire. La diabolisation sans nuances d’Israël est le pain quotidien des médias. Qu’Israël soit le Mal semble aller de soi. Pourtant, ces opinions qui se muent aussi en passions, sont des constructions idéologiques répandues par un habile travail de propagande que Taguieff démonte exhaustivement. Elles recyclent du vieux – les stéréotypes antijuifs traditionnels – dans du neuf. Les thèmes du crime rituel, de l’opposition d’Israël comme ennemi du genre humain à toutes les nations, du complot universel, se lisent aisément en filigrane derrière les accusations portées en flux continu contre ce pays. L’affaire al-Dura – la manipulation par les médias de la « mort d’un enfant » afin de diffuser une fausse nouvelle – en fournit un exemple. La fausse nouvelle du massacre de Jénine, qui ébranla l’opinion mondiale, permettant à tous les médias un déchaînement hystérique anti-israélien - avant que l’on découvre que ce massacre n’avait jamais eu lieu, pur mensonge palestinien –, offre à l’observateur des rhétoriques de propagande un cas d’école. Les clichés antijuifs y trouvèrent une nouvelle vie : du côté des propagandistes, mais aussi du côté des populations disposées à les croire. Ainsi, contre la vérité, une part importante de l’opinion internationale accepte la tromperie selon laquelle les Palestiniens de la bande de Gaza seraient l’objet d’un génocide.

Mythe victimaire palestinien et crédulité occidentale

La propagande antijuive a réussi à construire une victime aussi idéale que chimérique, une abstraction à usage des opinions occidentales : le Palestinien. Ce dernier, dans l’imaginaire des pays développés, a pris la place de la figure précédente de l’exploité, le Prolétaire. Dans ce fantasme, le Palestinien concentre toute la douleur du Monde tout en passant pour l’humain dont la révolte victorieuse signifierait la fin de toute oppression. Au Palestinien tout est permis, à Israël est refusé le droit même de se défendre : ainsi, le mur de protection est-il condamné par ces opinions, de même que toutes les opérations militaires destinées à assurer la sécurité de l’État hébreu. Implicitement, il est exigé des Israéliens qu’ils se laissent dévorer sans broncher par leurs ennemis, qu’ils acceptent que leur patrie soit réduite à néant comme le stipule la charte du mouvement islamo-terroriste qu’est le Hamas.

Plusieurs données de psychologie de masse rendent compte de la crédulité des occidentaux face à la propagande anti-israélienne. La principale : le parti pris pour la victime, quelle qu’elle soit, dont il est supposé qu’elle ne saurait être injuste, même dans la cruauté assimilée à une juste revanche. Par ailleurs, le sentiment de culpabilité – à la fois pour l’histoire passée et la différence présente de niveau de vie – renforce cette adhésion au mythe palestinien.

L’analyse de cette propagande met en évidence qu’au-delà d’Israël, c’est le Juif qui est visé. D’une part, Israël est le seul État au monde dont on conteste radicalement le droit à l’existence, et, d’autre part, l’antisionisme signifie le refus du droit du peuple juif d’avoir son État. La présence à peine dissimulée des vieux stéréotypes judéophobes dans la vulgate antisioniste est une preuve suffisante pour établir que l’antisionisme n’est que le masque de la haine antijuive, que le désir de voir disparaître Israël (fût-ce, de façon euphémisée, en l’encourageant à se changer en État binational, ou à accepter l’exigence du retour de tous les réfugiés) n’est que le paravent cachant le désir de voir disparaître les Juifs.

Fusion inquiétante

L’islamisation de l’antisionisme, via le Hamas, le Hezbollah et leurs relais en Europe, rend possible, selon notre auteur, une nouvelle ère de pogroms, elle rend même de nouveau pensable la liquidation physique de tous les Juifs. Ayant subjuguée l’univers journalistique, cette propagande peut mettre à son actif une autre très grande réussite : la jonction entre une partie de la gauche européenne (censée pourtant, dans la foulée de Marx, tenir toute religion pour l’opium du peuple) ainsi que des écologistes avec les islamistes radicaux.

La Corée du nord coule un navire sud-coréen (49 morts), les massacres continuent au Darfour, en Somalie, la Turquie viole l’espace aérien de l’Iraq afin de bombarder les Kurdes, un peu partout dans le monde islamique le fanatisme massacre des chrétiens. Personne ne s’en offusque. Seul Israël est visé par une réprobation absolue. Derrière l’antisionisme, devenue haine planétaire des Juifs , se profile l’islamisme qui, idéologiquement, s’est agrégé à tous les mouvements occidentaux de contestation (extrême gauche, écologistes, altermondialistes, tiers-mondistes). Cette fusion de mauvais augure est le résultat de « la nouvelle propagande antijuive » qui constitue la matière de ce livre.

L’analyse de Taguieff permet de comprendre comment et pourquoi.

Robert Redeker

Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Propagande antijuive. Du symbole al-Dura aux rumeurs de Gaza, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Intervention philosophique », 2010, 553 p. ; prix : 29 euros

http://www.surlering.com/article/article.php/article/penser-la-menace-islamofascisme-ou-totalitarisme-islamiste-

PS : Cet article, censuré par la rédaction du supplément littéraire du Tageblatt (Luxembourg) en juin 2010, a été publié dans le magazine L’Arche, n° 626-627, juillet-août 2010, pp. 18-19. Pour avoir voulu publier cet article sur une question désormais interdite, Robert Redeker a été « viré » dudit supplément littéraire, auquel il collaborait depuis 1993.

Commentaires

  • On dirai qu'il vis dans son imaginaire a une autre periode qui n'as probalement existe sous les nazis, parcequ'ils ont tue pas juste les juifs . Donc ce gars se referme sur lui et ignore ce qui se passe en ce moment a ce peuple orphelin et sans defense, alors que les sois disant victime de "choas" massacre, affame, brule, enterre vivant... La liste est longue, et cela avec une complicite TOTALE des puissances de ce monde. Alors monsieur sortez dehors voir la verite

  • Heureusement que cela commence par "P.-A. Taguieff ne cherche pas à plaire. Il cherche le vrai" : car cette phrase liminaire donne au lecteur hilare la clef d'un article fort bien tourné ma foi, quoique d'une ironie un peu lourde !

    Tous les vieux poncifs de la sottise taguiévienne s'y retrouvent. Bravo l'artiste ! Quel festival : un "consensus planétaire" contre Israël ! (voyez la politique US, férocement anti-israélienne). Israel accusé de "complot universel" ! (Taguieff, lui, est loin de ce délire du complot). "Au Palestinien tout est permis" ! (car c'est lui qui occupe militairement Israel). "Israel est le seul état au monde dont on refuse radicalement l'existence" ! (comme disent les Kurdes, et tant d'autres... et les Palestiniens).
    Et ainsi cela continue, continue inlassablement, avec drôlerie quoique le comique soit parfois répétitif, jusqu'au bouquet nauséabond final, l'assimilation qu'on attendait tous : critique d'Israël = antisionisme = antijudaïsme = islamisme = fanatisme = tout et n'importe quoi : gauchisme, écologie, altermondialisme, philatélie, pêche à la ligne... Pourquoi s'embarrasser de nuances ? TOUT CE QUI N'EST PAS TAGUIEFF EST ANTIJUIF ! Notre triste planète compte six milliards de nazis pour un seul taguieff.
    Encore bravo pour votre pastiche, Monsieur Redeker. Vous avez bien percé à jour les brumes du vertigineux solipsisme taguiévien.

  • Heureusement que cela commence par "P.-A. Taguieff ne cherche pas à plaire. Il cherche le vrai" : car cette phrase liminaire donne au lecteur hilare la clef d'un article fort bien tourné ma foi, quoique d'une ironie un peu lourde !

    Tous les vieux poncifs de la sottise taguiévienne s'y retrouvent. Bravo l'artiste ! Quel festival : un "consensus planétaire" contre Israël ! (voyez la politique US, férocement anti-israélienne). Israel accusé de "complot universel" ! (Taguieff, lui, est loin de ce délire du complot). "Au Palestinien tout est permis" ! (car c'est lui qui occupe militairement Israel). "Israel est le seul état au monde dont on refuse radicalement l'existence" ! (comme disent les Kurdes, et tant d'autres... et les Palestiniens).
    Et ainsi cela continue, continue inlassablement, avec drôlerie quoique le comique soit parfois répétitif, jusqu'au bouquet nauséabond final, l'assimilation qu'on attendait tous : critique d'Israël = antisionisme = antijudaïsme = islamisme = fanatisme = tout et n'importe quoi : gauchisme, écologie, altermondialisme, philatélie, pêche à la ligne... Pourquoi s'embarrasser de nuances ? TOUT CE QUI N'EST PAS TAGUIEFF EST ANTIJUIF ! Notre triste planète compte six milliards de nazis pour un seul taguieff.
    Encore bravo pour votre pastiche, Monsieur Redeker. Vous avez bien percé à jour les brumes du vertigineux solipsisme taguiévien.

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