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18/08/2010

Jean-Marie Gélinas, président des Amitiés Québec-Israel, et les cryptos juifs québécois le 14 et le 17 octobre dans "Arrêts sur médias"

 

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Jean-Marie Gélinas, président des Amitiés Québec-Israel fonctionnaire retraité du Ministère de la Sécurité public du Gouvernement du Québec qui travaille présentement à l'écriture d'un livre sur l'histoire de l'émigration des cryptos juifs en Nouvelle France au milieu du 17e siècle, et de certaines familles québécoises, dont celle des Gélinas, qui comprend aussi les Bellemare et les Lacourse. Il parlera aussi des Parizeau, des Lesvesque et des Landry, les ancêtres des trois premiers ministres du quebec.

 

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Il passera sur les ondes de Radio Shalom Montréal au 1650 AM le mercredi 18 aout 2010 à 20 h 00  et le vendredi 20 août 2010 à 1 h 00 du matin dans mon émission "Arrêts sur Médias, un média qui parle des médias". Vous pourrez consulter son émission dans les archives de l'émission http://www.radio-shalom.ca/showemission.php?ID=1024 /

Pour nous écrire et nous donner des suggestions pour un thème d'émission courriel: arretssurmedias@radio-shalom.ca / e-paperworld.epc@bell.net

Éric Le Ray Ph.D. (rediffusion de l'émission diffusée le 14 octobre et le mercredi 17 octobre 2010)

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Interview de Marc Haviv en Israel pour parler de son livre UN DRAPEAU POUR VALISE

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Aujourd'hui nous reçevons Marc Haviv en Israel pour parler de son livre électronique "un drapeau pour valise" qui nous parle de l'experience de l'ALYA. Entre témoignage personnel et guide pour tous.

 

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Son interview passera sur les ondes de Radio Shalom Montréal au 1650 AM et sur son site Internet www.radio-shalom.ca le mercredi  4 aout 2010 à 20 h 00 et le vendredi 6 août 2010 à 1 h 00 du matin, dans mon émission "Arrêts sur Médias". Émission consultable par la suite dans les archives de l'émission Arrêts sur médias: http://www.radio-shalom.ca/showemission.php?ID=1024


Pour me laisser un message : arretssurmedias@radio-shalom.ca /  e-paperworld.epc@bell.net / Éric Le Ray Ph.D
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17/08/2010

La sortie de l'iPhone 4 les commentaires de Bruno Guglielminetti

http://videos.lcn.canoe.ca/video/en-vedette/les-dernieres...

La nouvelle vulgate anti-juive, selon Pierre-André Taguieff par Robert Redeker, 17 août 2010

MEDIAS

La nouvelle vulgate anti-juive, selon Pierre-André Taguieff

mardi 17 août 2010, par Robert Redeker


Taguieff, étiologue de la nouvelle vulgate antijuive

Pierre-André Taguieff ne cherche pas à plaire, il cherche le vrai – comme toute l’école du réalisme en philosophie politique, à laquelle, à la suite de Julien Freund, on peut le rattacher. La vérité dans le domaine politique n’a pas forcément le visage aimable qu’une humanité occidentale en quête d’euphorie acéphale recherche. Dans son dernier ouvrage, La Nouvelle Propagande antijuive, Taguieff passe au scanner le discours idéologique dominant, hostile à Israël.

Accusations mensongères et stéréotypes

Chaque instant le confirme : l’’antisionisme et l’anti-israélisme forment un consensus planétaire. Les télévisions, les radios, les journaux s’en font l’écho permanent. Ils semblent aussi naturels que l’air que l’on respire. La diabolisation sans nuances d’Israël est le pain quotidien des médias. Qu’Israël soit le Mal semble aller de soi. Pourtant, ces opinions qui se muent aussi en passions, sont des constructions idéologiques répandues par un habile travail de propagande que Taguieff démonte exhaustivement. Elles recyclent du vieux – les stéréotypes antijuifs traditionnels – dans du neuf. Les thèmes du crime rituel, de l’opposition d’Israël comme ennemi du genre humain à toutes les nations, du complot universel, se lisent aisément en filigrane derrière les accusations portées en flux continu contre ce pays. L’affaire al-Dura – la manipulation par les médias de la « mort d’un enfant » afin de diffuser une fausse nouvelle – en fournit un exemple. La fausse nouvelle du massacre de Jénine, qui ébranla l’opinion mondiale, permettant à tous les médias un déchaînement hystérique anti-israélien - avant que l’on découvre que ce massacre n’avait jamais eu lieu, pur mensonge palestinien –, offre à l’observateur des rhétoriques de propagande un cas d’école. Les clichés antijuifs y trouvèrent une nouvelle vie : du côté des propagandistes, mais aussi du côté des populations disposées à les croire. Ainsi, contre la vérité, une part importante de l’opinion internationale accepte la tromperie selon laquelle les Palestiniens de la bande de Gaza seraient l’objet d’un génocide.

Mythe victimaire palestinien et crédulité occidentale

La propagande antijuive a réussi à construire une victime aussi idéale que chimérique, une abstraction à usage des opinions occidentales : le Palestinien. Ce dernier, dans l’imaginaire des pays développés, a pris la place de la figure précédente de l’exploité, le Prolétaire. Dans ce fantasme, le Palestinien concentre toute la douleur du Monde tout en passant pour l’humain dont la révolte victorieuse signifierait la fin de toute oppression. Au Palestinien tout est permis, à Israël est refusé le droit même de se défendre : ainsi, le mur de protection est-il condamné par ces opinions, de même que toutes les opérations militaires destinées à assurer la sécurité de l’État hébreu. Implicitement, il est exigé des Israéliens qu’ils se laissent dévorer sans broncher par leurs ennemis, qu’ils acceptent que leur patrie soit réduite à néant comme le stipule la charte du mouvement islamo-terroriste qu’est le Hamas.

Plusieurs données de psychologie de masse rendent compte de la crédulité des occidentaux face à la propagande anti-israélienne. La principale : le parti pris pour la victime, quelle qu’elle soit, dont il est supposé qu’elle ne saurait être injuste, même dans la cruauté assimilée à une juste revanche. Par ailleurs, le sentiment de culpabilité – à la fois pour l’histoire passée et la différence présente de niveau de vie – renforce cette adhésion au mythe palestinien.

L’analyse de cette propagande met en évidence qu’au-delà d’Israël, c’est le Juif qui est visé. D’une part, Israël est le seul État au monde dont on conteste radicalement le droit à l’existence, et, d’autre part, l’antisionisme signifie le refus du droit du peuple juif d’avoir son État. La présence à peine dissimulée des vieux stéréotypes judéophobes dans la vulgate antisioniste est une preuve suffisante pour établir que l’antisionisme n’est que le masque de la haine antijuive, que le désir de voir disparaître Israël (fût-ce, de façon euphémisée, en l’encourageant à se changer en État binational, ou à accepter l’exigence du retour de tous les réfugiés) n’est que le paravent cachant le désir de voir disparaître les Juifs.

Fusion inquiétante

L’islamisation de l’antisionisme, via le Hamas, le Hezbollah et leurs relais en Europe, rend possible, selon notre auteur, une nouvelle ère de pogroms, elle rend même de nouveau pensable la liquidation physique de tous les Juifs. Ayant subjuguée l’univers journalistique, cette propagande peut mettre à son actif une autre très grande réussite : la jonction entre une partie de la gauche européenne (censée pourtant, dans la foulée de Marx, tenir toute religion pour l’opium du peuple) ainsi que des écologistes avec les islamistes radicaux.

La Corée du nord coule un navire sud-coréen (49 morts), les massacres continuent au Darfour, en Somalie, la Turquie viole l’espace aérien de l’Iraq afin de bombarder les Kurdes, un peu partout dans le monde islamique le fanatisme massacre des chrétiens. Personne ne s’en offusque. Seul Israël est visé par une réprobation absolue. Derrière l’antisionisme, devenue haine planétaire des Juifs , se profile l’islamisme qui, idéologiquement, s’est agrégé à tous les mouvements occidentaux de contestation (extrême gauche, écologistes, altermondialistes, tiers-mondistes). Cette fusion de mauvais augure est le résultat de « la nouvelle propagande antijuive » qui constitue la matière de ce livre.

L’analyse de Taguieff permet de comprendre comment et pourquoi.

Robert Redeker

Pierre-André Taguieff, La Nouvelle Propagande antijuive. Du symbole al-Dura aux rumeurs de Gaza, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Intervention philosophique », 2010, 553 p. ; prix : 29 euros

http://www.surlering.com/article/article.php/article/pens...

PS : Cet article, censuré par la rédaction du supplément littéraire du Tageblatt (Luxembourg) en juin 2010, a été publié dans le magazine L’Arche, n° 626-627, juillet-août 2010, pp. 18-19. Pour avoir voulu publier cet article sur une question désormais interdite, Robert Redeker a été « viré » dudit supplément littéraire, auquel il collaborait depuis 1993.

Propagande Nazie dans le Monde Arabe, Par Jeffrey Herf,Yale University Press, 2009, 352 pages, critique par Daniel Pipes, avril 2010

Pendant longtemps, l'impact du National-Socialisme au Moyen-Orient a paru bref et superficiel. A l'inverse du Communisme, dont les partis locaux, ainsi que l'influence extérieure transmise par l'intermédiaire du bloc soviétique, avaient duré des décennies, la période nazie s'étendit seulement sur près de six ans, de 1939 à 1945, avec une présence locale limitée, si l'on excepte les armées de Rommel en Afrique du Nord et un éphémère régime pro-nazi en Irak.

Mais deux livres importants, et d'une grande puissance, viennent remettre les pendules à l'heure. Djihad und Judenhaas (2002), de Matthias Küntzel, traduit en anglais en 2007 sous le titre Jihad and Jew-Hatred : Islamism, Nazism and the Roots of 9/11, montre l'influence permanente des idées nazies sur les islamistes. Nazi Propaganda for the Arab World, de Jeffrey Herf, se concentre un peu plus tôt, sur la période des années 30 et 40, et sur les grands efforts déployés par Hitler et ses sbires pour diffuser leurs idées au Moyen-Orient. Après avoir lu Küntzel et Herf, j'ai réalisé qu'à mes connaissances sur le Moyen-Orient moderne, il manquait quelque chose d'essentiel : l'ingrédient nazi.

En tant que spécialiste d'histoire allemande moderne à l'Université du Maryland, Herf met en lumière un ensemble d'informations nouvelles, à savoir les transcriptions d'émissions radios sur ondes courtes émises par les nazis en langue arabe, et scrupuleusement notées pendant trois ans par l'ambassade américaine au Caire. Ces documents révèlent pleinement, et pour la première fois, ce que Berlin disait quand il s'adressait aux Arabes (et, dans une moindre mesure, aux Iraniens). Page après page, ce livre montre en détail, et jusqu'au vertige, à quel point les Allemands poursuivaient deux buts avant tout : l'arrêt du Sionisme et la promotion de l'islamisme. Chacun d'entre eux mérite un examen attentif.

La propagande nazie en arabe dépeignait la Seconde Guerre Mondiale, la guerre la plus importante et la plus destructrice de l'histoire, comme étant avant tout concentrée sur cette bande de terre située entre Mer Méditerranée et Jourdain. Cette interprétation flattait l'orgueil arabe et servait la théorie hitlérienne selon laquelle les Juifs voulait contrôler les pays arabes et, en fin de compte, le monde entier. Dans cette optique, les puissances alliées n'étaient que les pions de la conspiration sioniste, et l'Allemagne s'érigeait en chef de la résistance contre cette dernière.

Selon ces émissions, la Palestine était la clef. Si les Sionistes l'emportaient, ils "contrôleraient les trois continents : l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Ainsi ils seraient en mesure de gouverner le monde entier, et de répandre le capitalisme juif." Une telle éventualité aurait pour conséquence d'opprimer les Arabes et de faire disparaître l'Islam. "Si le Bolchevisme et la Démocratie l'emportent", annonçait la radio nazie, "les Arabes seront dominés à jamais, et l'Islam sera anéanti sans laisser de traces." Pour éviter ce sort, les Arabes devaient rejoindre l'Axe.

Au cours de la guerre, les admonestations de Berlin devinrent encore plus furieuses. "Vous devez tuer les Juifs avant qu'ils n'ouvrent le feu sur vous", disait une émission de juillet 1942. Herf note avec une ironie amère : "A ce moment où les Juifs étaient totalement démunis, les émissions en arabe venant de Berlin adaptaient avec talent la ligne générale de propagande nazie concernant la domination juive de la coalition anti-hitlérienne à une vision arabo-islamique radicale."

Au même moment, le régime nazi mettait au point une approche du monde musulman qui omettait pour la plus grande part les références aux Protocoles de Sages de Sion, à Mein Kampf ou à d'autres sources européennes, pour leur substituer de préférence des passages choisis du Coran.

Les propagandistes de Hitler assuraient tout d'abord aux musulmans que les pays de l'Axe "respectaient le Coran, sanctifiaient les mosquées et glorifiaient le prophète de l'Islam". Ils citaient les travaux fort respectueux d'orientalistes allemands, les présentant comme d'importants signes de bonne volonté. Mais il y avait aussi ce que Heinrich Himmler appelait les "buts et idéaux partagés" de l'Islam et du National-Socialisme, qui incluaient le monothéisme, la piété, l'obéissance, la discipline, le sacrifice de soi, le courage, l'honneur, la générosité, la communauté, l'unité, l'anti-capitalisme ainsi qu'une célébration du travail et de la guerre.

De surcroît, on disait aux musulmans que les Nazis et eux-mêmes oeuvraient ensemble dans un "grand combat pour la liberté" contre les Britanniques, la plus importante puissance coloniale au Moyen-Orient. Le régime dressait un parallèle entre Mahomet et Hitler, présentant l'Oumma comme une analogie approximative de sa propre notion de Volksgemeinschaft (communauté de peuples) totalitaire.

Les Nazis présentaient l'Islam comme un allié, et, logiquement, appelaient à sa essor, tout en pressant les musulmans à agir pieusement et à imiter Mahomet. Les émissions arabes de Radio Berlin iront jusqu'à déclarer : "Allahou akbar ! Gloire aux Arabes, gloire à l'Islam !" Les Allemands jugeaient que les musulmans qui n'étaient pas assez vertueux (c'est-à-dire ne suivant pas le modèle idéologique nazi) représentaient un poids pour l'Oumma : "Musulmans, vous êtes maintenant en retard parce que vous n'avez pas montré assez de piété envers Dieu, et que vous ne le craignez pas." Non seulement en retard, mais également "envahis par des tyrans sans pitié." En ce qui concerne spécifiquement les Chiites, les Nazis sous-entendaient qu'Hitler était le Douzième Imam tant attendu, cette figure eschatologique musulmane de Jésus, qui combattrait l'antéchrist (c'est-à-dire les Juifs) et amènerait la fin du monde.

Les Nazis relevaient le parallèle existant entre des citations du Coran (Sourate 5:82 : "Vous ne rencontrerez pas de plus grand ennemi des croyants que les Juifs") et les paroles de Hitler ("En résistant aux Juifs partout, je combats pour l'oeuvre du Seigneur"), transformant le Coran en un pamphlet anti-sémite dont le but premier était d'appeler à une haine éternelle des Juifs. Ils affirmèrent même faussement que Mahomet avait ordonné aux musulmans de combattre les Juifs "jusqu'à leur extinction".

Dans la doctrine nazie, l'inimitié entre Juifs et musulmans datait du VIIème s. "Depuis les jours de Mahomet, les Juifs sont hostiles à l'Islam", rapportait-on pendant une émission. "Chaque musulman sait que l'animosité juive contre les Arabes date de l'aube de l'islam", déclarait-on dans une autre. "L'hostilité a toujours existé entre Arabes et Juifs, et ce depuis l'Antiquité", insistait-on une autre fois. Les Nazis utilisèrent ces fondements pour établir la base de la Solution Finale au Moyen-Orient, donnant aux Arabes l'instruction de "faire tout ce qui est possible pour que pas un seul Juif ne demeure en terre arabe."

Herf met l'accent sur la remarquable symbiose entre les éléments allemands et moyen-orientaux : "Leurs passions et intérêts partagés eurent pour résultat de produire des textes et émissions que chaque groupe, seul de son côté, n'aurait pu faire." Plus spécifiquement, les Arabes apprirent "les points les plus subtils de la pensée conspirationniste antisémite", alors que les Nazis découvraient la valeur fondamentale de la Palestine. Herf décrit le rapprochement de thèmes nazis et islamiques comme étant "l'un des échanges culturels les plus importants du XXème s."

Après avoir détaillé la propagande nazie en langue arabe, l'auteur évalue son impact. Il commence par noter la grande énergie consacrée à ces messages -mais aussi la qualité du personnel qui s'en occupait, leurs hautes connections dans les sphères nazies, les milliers d'heures de transmissions radio, et les millions de tracts imprimés.

Il évalue ensuite les éléments montrant l'impact de l'Axe, lesquels indiquent le succès de ce dernier. Des estimations alliées en 1942 font état de ce que "les gens baignent littéralement dans la propagande de l'Axe", ou bien de ce que "plus des trois-quarts du monde musulman sont en faveur de l'Allemagne", avec "90% des Egyptiens, y compris leur gouvernement, qui pensent que les Juifs sont responsables des pénuries et de la hausse des prix des biens de consommations courante." Un rapport de 1944 révélait que "pratiquement tous les Arabes qui possèdent une radio (...) écoutent Berlin."

Les réticences alliées à contredire la propagande nazie indique aussi le succès de l'Axe. De peur de s'aliéner les populations moyen-orientales, les Alliés, non sans humiliation, demeurèrent silencieux sur le génocide opéré contre les Juifs. Ils renoncèrent à réfuter les allégations selon lesquelles Londres, Washington et Moscou étaient dominés par les Juifs, pas plus qu'ils ne cherchèrent à dénoncer les interprétations coraniques erronées. De même, quand il s'agissait de soutenir le Sionisme, ils restaient sur une prudente réserve. Une directive américaine de la fin de 1942 reconnaissait que "le sujet des aspirations sionistes ne peut être mentionné, dans la mesure où (cela) mettrait en danger notre stratégie en Méditerranée Orientale."

Ainsi, quand deux sénateurs américains en vue, Robert Taft, de l'Ohio, et Robert Wagner, de New York, proposèrent en 1944 une résolution visant à soutenir un foyer national juif en Palestine, Berlin, par sa radio arabe, traita cette initiative de tentative "pour éradiquer la civilisation islamique", et "pour anéantir le Coran." Pris de panique, l'exécutif appuya de tout son poids sur les sénateurs, jusqu'à ce que ces derniers acceptent de retirer leur résolution. De manière évidente, les offres nazies avaient au Moyen-Orient des résonances profondes.

Et elles continuèrent à bien se porter après l'effondrement du nazisme et la fin de la guerre. L'échec de la poussée agressive du général nazi Erwin Rommel en Afrique du Nord signifiait que les ambitions nazies au Moyen-Orient, et en particulier la Solution Finale visant à anéantir les millions de Juifs qui y vivaient, ne seraient jamais mises en oeuvre. Mais les années de haine, à la radio et sur les tracts, ainsi que la répétition du grotesque et ambitieux message antisémite et pro-Islam détaillé par Herf, tout cela avait pris racine. Non seulement les nazis moyen-orientaux s'avérèrent presque invulnérable à l'épuration, mais ils purent prospérer, et furent même célébrés. Un exemple : en 1946, Hasan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans, ne tarissait pas d'éloges sur l'un des Arabes favoris de Hitler, Haj Amin el-Husseini, le traitant de "héros (...) et d'homme du miracle." Pour faire bonne mesure, Banna ajoutait : "L'Allemagne et Hitler sont morts, mais Amin el-Husseini continuera la lutte." Reconnaissant son statut élevé, un officier britannique décrivait ce dernier en 1948 comme "le grand héros du monde arabe."

Les idées répandues par les Nazis au Moyen-Orient ont connu un héritage double, et à long terme. D'abord, comme en Europe, ils utilisèrent des préjugés anti-Juifs déjà existants pour bâtir un édifice bien plus paranoïaque, agressif et meurtrier. Un rapport du renseignement américain de 1944 estimait que les matériaux antisémites constituait la moitié, pas moins, de toute la propagande allemande dirigée vers le Moyen-Orient. Les Nazis envisageaient virtuellement tous les développements dans cette région à travers le prisme juif, et y exportèrent leur obsession.

Les fruits de cet effort, on peut les voir, pas seulement dans les décennies d'anti-Sionisme musulman acharné, incarné par un Arafat ou un Ahmadinejad, mais également dans la persécution des anciennes communautés juives dans des pays tels que l'Egypte et l'Irak, qui sont maintenant réduites à une quasi-extinction, ou bien dans l'emploi de Nazis tels que Johannes van Leers ou Aloïs Brunner à des postes gouvernementaux élevés. C'est ainsi que l'héritage nazi a pu opprimer la nation juive dans le Moyen-Orient d'après 1945.

Deuxièmement, l'islamisme a revêtu une qualité nazie. Comme il m'est arrivé par le passé de critiquer l'emploi du terme Islamofascisme en arguant que cela provoquait la confusion de deux phénomènes distincts, je dois préciser que les preuves apportées par Herf me conduisent maintenant à reconnaître de profondes influences fascistes sur l'islamisme. Cela inclut la haine islamiste pour la démocratie et le libéralisme, ainsi que son mépris pour le multipartisme, sa préférence de l'unité contre la division, son culte de la jeunesse et son militarisme, son moralisme autoritaire, sa répression culturelle, et son économie dirigiste.

En-dehors de ces spécificités, cette influence s'étend à ce que Herf nomme "une capacité à introduire un message radical susceptible d'entrer en résonance avec des sentiments déjà existants, tout en les approfondissant et les radicalisant." Bien qu'il soit un spécialiste universitaire de l'Europe, Herf, par son travail d'enquête au sein des archives américaines, a ouvert une nouvelle fenêtre sur le conflit israélo-arabe et l'islamisme, et posé plus généralement une borne sur le chemin menant à la compréhension du Moyen-Orient contemporain.

 
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