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  • Le Devoir sur tablette en 2014 - intervention d'Éric Le Ray dans le reportage sur radio canada 11-01-14

     

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  • Éric Le Ray à RDI économie le 22 février 2013 - Augmenter son rayonnement grâce à des journaux gratuits

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    Éric Le Ray à RDI économie le 22 février 2013

    http://youtu.be/wiw88fm4F4M

     

     




  • Éric Le Ray dans l'émission Classe économique interviewé par Richard Massicotte le 19 février 2013

    Éric Le Ray dans l'émission Classe économique interviewé par Richard Massicotte le 19 février 2013 http://medias-balado.radio-canada.ca/diffusion/2013/balado/src/CBF/hdc-20130219-1917.mp3

  • Interview de Patrick Desbois "Tôt ou tard il y a quelqu'un qui revient" 1er partie source Metula News Agency

    Patrick Desbois : "Tôt ou tard il y a quelqu’un qui revient" (1ère partie)(info # 010602/11) [Interview]

    © Metula News Agency


    Nous avons publié dans ces colonnes, la semaine dernière, l’article Père Desbois, prêtre simplement, soldat de la mémoire, et de la justice, certainement [1ère partie], [2ième partie]. Sandra Ores, en préparant cet article, a interviewé le Père Patrick Desbois, l’enquêteur de la Shoah par balles. Au vu de la qualité du contenu de cette interview et de son intérêt didactique, le Comité de rédaction de notre agence a décidé de la publier intégralement. En voici la première partie :

     

     

    La Ména (propos recueillis par Sandra Ores) : Père Desbois, comment en êtes-vous arrivé à effectuer des recherches sur la Shoah par balles ?

     

    Patrick Desbois : Au début c’était purement une histoire familiale. C’est-à-dire que mon grand-père avait été déporté en 42, dans un camp allemand de prisonniers soviétiques en Ukraine. Il n’arrêtait pas de dire que, en dehors du camp, c’était pire que dans le camp. Je ne comprenais pas ce que ça signifiait et j’ai fini par aller là-bas, voir le maire de Rawa-Ruska, qui ne voulait pas parler. Je savais que dans ce village 10,000 Juifs avaient été fusillés, mais il disait que c’était secret et qu’on n’en savait rien. Je voyais que ce n’était pas possible.

     

    Puis un nouveau maire a été élu et m’a montré des témoins qui ont assisté aux fusillades des Juifs, qui même ont été employés pour porter les choses, ou creuser les fosses, etc. Et donc j’ai compris, tout d’un coup, que les Juifs avaient été tués en public, et qu’il y avait beaucoup de témoins ; qu’à l’Ouest, c’était secret, mais qu’à l’Est, le village parfois entier venait voir. Et puis aussi que les nazis ont réquisitionné énormément de civils, jeunes, pour faire tous les petits travaux qu’ils ne voulaient pas faire.

     

    On a donc décidé de fonder cette association Yahad [Ensemble, en hébreu. Ndlr.], qui a pour but, finalement, d’essayer de ramasser, avant que les témoins ne meurent, le maximum de preuves pour chaque assassinat.

     

    La Ména : Dans votre livre, vous dites que votre grand-père paternel avait été fait prisonnier par les Allemands, mais vous ne dites pas pour quelle raison, pourriez-vous me la préciser ?

     

    Patrick Desbois : On ne sait pas. Je suis d’une famille où il y avait beaucoup de petits résistants, il était prisonnier, et il était classé comme irréductiblement antiallemand. C’était le terme officiel. Il fut déporté, avec 25,000 autres militaires français, eux aussi classés "ingérables" dans les camps normaux.

     

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    Patrick Desbois : enquête aux frontières de l’humanité

     

    Le IIIème Reich avait décidé de les déporter sur le territoire soviétique, dans un camp d’anciens prisonniers russes qu’ils venaient de tuer. Ils ont tué 25,000 prisonniers soviétiques russes et ils ont mis des Français à la place. C’était dans une ville qui s’appelait Rawa-Ruska ; cela signifie Rawa-la-russe, et le surnom, dans la région, c’est Rawa-la-juive, car la population était à 75% juive. Et donc ils ont vu, en fait, au jour le jour, en allant travailler, les fusillades des Juifs.

     

    La Ména : Quelle est la découverte la plus significative que vous ayez faite ?

     

    Patrick Desbois : Oh le caractère public ! Le fait que les Juifs étaient tués en public. C’était parfois un véritable spectacle. Parfois, dans certaines villes, on mettait des affiches, des haut-parleurs. On annonçait au gens "Venez voir la fusillade des Juifs". Tout le monde allait voir les fusillades des Juifs ; les civils, les locaux, mais aussi les militaires allemands, des fois leurs femmes, des fois leurs enfants. Ce caractère public du génocide juif… Comme si c’était légal.

     

    La Ména : Dans votre livre, vous expliquez à quel point le recueil des témoignages est difficile, vous attendiez-vous à entendre des témoignages aussi difficiles ?

     

    Patrick Desbois : Non. On a interviewé maintenant 1,700 personnes, tous des non Juifs, qui étaient présents sur le site d’exécution. On travaille sur plusieurs pays maintenant ; on travaille sur l’Ukraine, la Biélorussie, la Russie et la Pologne. Et disons que l’horreur n’a pas de fin.

     

    Il y a des histoires très complexes, où un monsieur, par exemple, a été réquisitionné pour creuser une fosse avec des petits escaliers pour que les Juifs descendent. Il se souvient exactement de la forme de la fosse ; il nous a ramenés sur l’endroit ; et puis, tout d’un coup, il parle d’un autre, d’un de ses cousins qui avait volé une veste à des Juifs au moment où ils se déshabillaient. Les Allemands lui ont dit : "si c’est ça on va te fusiller" alors il a rendu la veste.

     

    On retrouve le bas côté de la Shoah, dans le sens mauvais, le quotidien. Par exemple, parfois, les Allemands veulent un banquet pendant la fusillade, donc ils font creuser un petit trou aux Juifs pour faire du feu, puis ils font cuisiner une vache et ils demandent aux serveuses russes de servir avec une table, sur une nappe. Et deux par deux, ils sortent de table et vont fusiller les Juifs. Nous avons interviewé la serveuse ; la fille avait sept ans au moment des faits. Elle servait à table ; donc, en même temps qu’elle raconte le menu, elle dit : "les Allemands voulaient des gros morceaux de viande ; à la fin du repas, il y avait plus de 1500 Juifs en moins".

     

    La Ména : A quoi pensez-vous lorsque vous interrogez un témoin ?

     

    Patrick Desbois : J’essaie uniquement de savoir qui était présent sur la scène du crime, qu’est-ce-qui s’est passé, qui était vraiment là, comment les Juifs ont été tués.

     

    Et puis trouver les preuves. Les preuves de l’assassinat et les preuves aussi que les victimes sont juives. Parce que les négationnistes sont extrêmement virulents, de tous bords, et pensent très souvent que ces recherches sont liées à Israël, etc. Les attaques, je dirais, sont très virulentes des deux côtés ; très à droite et très à gauche, pensant que c’est une façon de plus de soutenir l’Etat d’Israël.

     

    Du coup on est obligé d’être très précis sur les preuves. Parfois, on fait une conclusion dans un village : on ne sait pas, ça n’est pas convergent… les témoins ne disent pas la même chose. Et parfois c’est très convergent.

     

    On est vingt-deux maintenant à Yahad, on fait une recherche sur les archives soviétiques avant, sur les archives allemandes, on traduit ces archives avant d’y aller. Ca a beaucoup évolué depuis le livre.

     

    Quand on se rend sur un lieu, avant d’aller dans le village, on sait s’ils ont tué trois cents, ou bien dans le plus gros site c’est 45,000 Juifs. Donc on n’enquête pas de la même façon. J’envoie des gens dans quatre directions, qui frappent à toutes les portes avec deux questions : "Etiez-vous là pendant la guerre ?" et "Etiez-vous présents le jour de la fusillade des Juifs ?". S’ils étaient présents, on les interviewe ; et s’ils peuvent encore marcher, on les ramène sur le site d’exécution.

     

    Là, ils se souviennent de tout : où était la voiture des Allemands, où étaient les chiens, telle dame juive qui est tombée, tel monsieur juif qui n’a pas voulu être séparé de ses enfants, tel bébé juif qu’on a jeté en l’air et fusillé en l’air, etc.

     

    Il ne faut pas montrer ses sentiments ; il faut simplement tout faire pour savoir ce qui s’est vraiment passé, et pas interférer avec les souvenirs de la personne. Ca c’est le plus difficile.

     

    La Ména : Vous arrive-t-il de détester un témoin ?

     

    Patrick Desbois : Oui. Surtout d’être dégoûté. Parfois on sent un énorme dégoût parce qu’on voit bien… Mais en même temps, quelqu’un m’a dit : "ma mère faisait le ménage à la Gestapo". Et donc pour nous, je dirais que si le témoin est placé comme ça, on va apprendre beaucoup de choses. Donc je lui dis : "mais vous alliez voir votre maman à la sortie de l’école ?" Il me dit "oui". "Qu’est-ce que vous voyiez ?". "Oh, on voyait les tortures des Juifs dans les couloirs", et il s’est mis à raconter des scènes horribles de gens à qui on cassait les bras, etc. Par là, on a pu apprendre beaucoup de choses sur la Gestapo. Le principe est de plus chercher la vérité que d’exprimer vos sentiments. Mais parfois on est très dégoûté, écœuré ; écœuré par l’humanité.

     

    La Ména : Lorsque vous découvrez une nouvelle fosse, est-ce une forme de victoire sur l’indifférence?

     

    Patrick Desbois : Oui. C’est aussi une ultime victoire sur le IIIème Reich. Ils sont morts comme des hommes, ils doivent être enterrés comme des hommes et reconnus comme des hommes, car finalement, ces Juifs ont été jetés en dehors de l’espèce humaine ! C’est-à-dire qu’on les a tués comme des animaux, enterrés comme des animaux, en espérant que nous ne viendrions jamais.

     

    Pour moi, c’est aussi un signal donné à tous ceux qui pensent faire des génocides, leur dire : "méfiez-vous tôt ou tard quelqu’un revient ! Même si c’est soixante ans après. Méfiez-vous, il n’y a pas de crime sans quelqu’un qui revient !". On revient sur le site du crime, et ce qui me fait tenir c’est que je ne travaille pas pour trouver un million de Juifs, je travaille pour trouver Madame Weizpatir, Monsieur Weitzpatir, David, Itzik, Hannah, etc. Je ne travaille pas pour un million de Juifs.

     

    Parfois ça nous arrive de passer toute une journée dans un village où ils ont tué sept Juifs. C’est aussi important que d’en trouver 45,000 ; ça n’existe pas 45,000 Juifs. C’est des noms, c’est des gens, et donc ce qui nous fait tenir, c’est si on retrouve des noms de famille, des histoires de famille ; qu’on découvre une famille qui avait hébergé une maman Hannah et son fils Itzik, c’étaient les deux derniers Juifs du village.

     

    Et puis, tout d’un coup, ils ont décidé de les faire tuer, ils les ont fait tuer par un voisin, d’origine allemande, qui est venu avec une carabine. Et il nous a expliqué qu’Hannah suppliait à genou de pas être tuée, ils lui ont tiré une balle dans la tête. Itzik s’est sauvé, en courant dans tous les sens, criait maman, le tireur n’était pas professionnel, il s’y est repris à quatre fois pour tuer l’enfant ; et après il a déshabillé les corps et il les a fait brûler sur tous les autres qui avaient été tués la semaine précédente. Des histoires comme ça, Itzik, Hannah, c’est ça qui nous fait tenir, quand il fait froid l’hiver, quand il pleut, quand on est dans un village très fermé sur lui-même, où l’antisémitisme est important, c’est ça qui nous permet de tenir (Patrick Desbois rit).

     

    La Ména : Comment saisissez-vous si le passé hante un témoin ou non ?

     

    Patrick Desbois : Ca n’est pas ma question, ça n’est pas mon problème. Ma question, c’est savoir ce qui s’est passé. Hantés ou pas, c’est pas mon problème. Mon problème c’est de savoir exactement : bon la police, elle est arrivée comment ? Quelles étaient ses armes ? Qui étaient les traducteurs ? Qui traduisait en russe, est-ce-que les policiers étaient payés ? Qui a pris les vêtements des Juifs ? Qui les a vendus ? Que sont devenus ces vêtements ? Où sont les meubles des Juifs ? Etc. C’est cela qui m’intéresse. Ce n’est pas qu’ils soient écœurés, pas écœurés, tout ça ; je ne suis pas là pour les soigner.

     

    La Ména : Vous pensez qu’ils ont tendance à rechercher qu’on leur pardonne ?

     

    Patrick Desbois : Non pas du tout ; jamais ! La culpabilité ne fait pas partie du programme. Les gens parlent très facilement quand les Juifs ont été tués. La situation dans laquelle ils ne parlent pas, c’est quand des biens ont été volés. Alors là c’est très difficile. Mais le meurtre des Juifs s’avoue facilement. C’est plus facile de parler pour un assassin, que pour des gens qui ont volé un verre ou une tasse.

     

     

    A suivre…

     

     

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  • Sarah Palin contagieuse… même au Québec de Jean-François Lisée sur son blog

    Sarah Palin contagieuse… même au Québec
    Publié dans | Le gag de 15h15


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    Lorsque l’humoriste Jon Stewart a d’abord parlé de la candidate du Tea Party du Delaware Christine O’Donnell, il a dit:  “le Palin est puissant chez elle”, tout en mimant un geste que font les Jedis dans Star Wars lorsqu’ils disent: “la force est puissante chez cet individu”.

    Je suis au regret de vous informer que “le Palin est puissant”, très puissant, chez une chroniqueuse du Journal de Montréal qui écrit ce mercredi, au sujet d’Obama:


    Nathalie Elgrably-Levy, de l'IEDM. Le Palin est très fort chez elle.

    Les Américains voulaient un rédempteur, ils ont élu un imposteur. Ils voulaient sauver leur économie, leur président l’a mutilée. Ils voulaient se sortir de la crise, Washington les y a enfoncés.

    L’élection de mardi représentait bien plus qu’un bras de fer entre les partis démocrate et républicain. C’était un affrontement entre l’idéologie socialiste et les valeurs américaines, entre la tyrannie et la liberté.

    L’auteure est Nathalie Elgrably-Lévy, elle est désignée économiste sénior sur sa page de l’Institut économique de Montréal (bien qu’elle n’aie qu’une maîtrise en gestion, comme elle l’indique sur ses pages de l’IEDM et sa page de Chargée de formation à HEC).

    Il est vrai que l’IEDM est de droite et que son président, Michel Kelly-Gagnon, est de tendance libertarienne. Cependant je n’avais jamais lu ou entendu des membres de l’Institut tenir des propos aussi exagérés.

    Je suis curieux de savoir, par exemple, ce qu’en pense un des gouverneurs de l’Institut, Marcel Boyer, auteur du très intéressant “Manifeste pour une social-démocratie concurrentielle”.

  • l'IEDM nous écrit ! Nous répondons ! Par Jean-François Lisée

    L’IEDM nous écrit ! Nous répondons !
    Publié dans | Choses sérieuses Économie


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    Je citais ce jeudi les très intéressants propos de l’économiste senior de l’Institut économique de Montréal, Mme Nathalie Elgrably-Levy, dans le JdeM et le JdeQ, selon lesquels le président américain est un “imposteur” imposant une “tyrannie”. Je m’interrogeais sur la réaction de l’IEDM, connu pour des travaux, certes, de droite, mais aspirant au sérieux et à la crédibilité.


    Des opinions pour crédibiliser l'IEDM?

    Imaginez mon bonheur de recevoir une réponse rapide, dans la section commentaires du blogue, de la Coordonnatrice des communications de l’Institut, Mme Ariane M. Gauthier, qui fait un excellent travail car l’IEDM communique exceptionnellement bien. (Mes amis de gauche me le disent constamment, pour s’en plaindre.)

    Lisons ensemble:

    Monsieur Lisée se trompe lorsqu’il applique la logique de la ligne de parti à l’Institut économique de Montréal. À l’IEDM, les chercheurs et les chroniqueurs s’expriment en leur nom propre, ce qui fait que Marcel Boyer peut très bien exprimer une perspective social-démocrate, alors que Nathalie Elgrably-Lévy peut avoir des points de vue plus libertariens, et ce sans qu’il n’y ait aucune contradiction.

    De la même façon, les collaborateurs au CERIUM (dont monsieur Lisée fait partie) ne partagent pas tous les mêmes opinions sur les questions internationales.

    Excellente remarque, Mme Gauthier. L’IEDM, comme le CÉRIUM, est ouvert à une multitude de points de vue. La page où on trouve les écrits des chercheurs associés de l’IEDM mentionne d’ailleurs explicitement que leurs opinions ne sont pas nécessairement partagées par l’Institut. Bien.

    Cependant le titre de chercheur associé n’est pas un droit. La direction de l’Institut, et du CÉRIUM, choisissent de l’attribuer à des chercheurs pour la qualité de leurs recherches, la valeur et la crédibilité de leurs opinions.

    Je ne puis certes pas parler au nom de toute la direction du CÉRIUM, mais je peux vous dire que, personnellement, si un chercheur associé écrivait qu’un président élu démocratiquement et appliquant son programme électoral en tout respect du cadre constitutionnel était un “imposteur” usant de “tyrannie”, mon évaluation du sérieux de cette personne prendrait un coup fatal. Ce serait vrai si ces commentaires embarrassants étaient tenus au sujet d’Obama, de Sarkozy, de George W. Bush ou de Stephen Harper.

    (Ce qui me fait songer. Si Obama est un tyran pour avoir fait adopter une réforme de la santé et un plan de relance de l’économie, la même conclusion ne devrait-elle pas être tirée au sujet de Harper et de tous les leaders élus du G20 ? Simple curiosité.)

    Je proposerais certainement de ne pas reproduire de telles inepties sur le site d’un organisme scientifique, j’évoquerais la possibilité d’indiquer spécifiquement que le Centre se dissocie de telles absurdités et je proposerais de revoir le (lire: de mettre fin au) statut de chercheur associé de cette personne. J’argumenterais qu’il en va de la crédibilité du centre. La diversité des points de vue, oui. L’idéologie aveugle, non.

    Tous, économistes senior !

    Dans mon billet d’hier, je m’étonnais au passage que l’IEDM désigne Mme Elgrably-Levy économiste senior, alors qu’elle-même affirmait dans ses notes biographiques ne détenir qu’une maîtrise en gestion et être chargée de formation aux HEC. Mme Gauthier éclaire ma lanterne:

    Je terminerais en rappelant à monsieur Lisée que le titre d’économiste n’est pas associé à une profession réservée.

    Grands Dieux, elle semble avoir raison! Même le très normatif dictionnaire Littré donne, au mot économiste, la définition suivante: Celui qui s’occupe spécialement d’économie politique.

    Alors pourquoi ne pas donner le titre d’économiste senior à mon ami Éric Duhaime, le co-fondateur du Réseau Liberté-Québec ? D’abord, il a une maîtrise en administration de l’Énap. Ensuite, il a écrit en mai dernier une Note économique sur la Régie des rentes pour… l’Institut économique de Montréal. (Note très instructive, ici en pdf, mais j’aimerais avoir l’avis d’un, disons, vrai expert.) Cela devrait suffire, non ?

    Mais, j’y pense. Je m’occupe moi-même souvent, spécialement, d’économie politique. J’ai même reçu jadis un prix de l’Association québécoise des économistes. J’ai écrit un livre qui parle beaucoup d’économie, Pour une gauche efficace, et la moitié d’un autre, Imaginer l’après-crise, sur la réforme du capitalisme. (Transparence totale: cela m’a valu de la part de Mme Elgalbry-Levy le titre “d’idiot utile”. Je suis ravi d’être au moins utile.)

    En plus, je suis directeur exécutif d’un centre qui comporte en son sein un Réseau d’économie internationale, que j’ai contribué à mettre sur pied, et je suis intervenu dans l’école d’été Le Capitalisme en Crises.

    Pourrais-je ainsi m’auto-proclamer économiste ? Selon Littré et l’IEDM, oui! Je n’y avais jamais songé. Cela donnerait de la crédibilité à mes écrits, non ? Et, à mon âge, pourquoi pas ne pas ajouter: senior ?

    Ah, merci Nathalie, grâce à vous, je vais mettre sur ma carte d’affaires:
    Économiste idiot senior utile !

    Cependant, je vous avertis de suite: je vais me garder de traiter d’imposteurs et de tyrans des élus du peuple. Certains d’entre nous, économistes seniors, préférons rester crédibles.

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  • LIVRE: QUÉBEC, QUATRE SIECLES D'UNE CAPITALE PAR CHRISTIAN BLAIS, GILLES GALLICHAN, FRÉDÉRIC LEMIEUX ET JOCELYN SAINT PIERRE PAR LES PUBLICATIONS DU QUÉBEC

    Interview de Jocelyn Saint Pierre, un des quatre historiens, qui ont réalisé cet ouvrage remarquable sur 400 années de la capitale du Québec. Le lancement officiel s'est fait au Centre des congrès le 17 avril 2008 à 16 h 30 après trois années de travail. Merci à Christian Blais, Gilles Gallichan, Frédéric Lemieux, Jocelyn Saint-Pierre.



    podcast

  • ISRAËL 60 ANS, RÉPONSE AU MAGAZINE LE POINT PAR ANDRÉ MOISAN BRETON ISRAELIEN

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    Israël 60 ans, réponse au magazine Le Point par André Moisan, Breton Israélien
    Un Breton israélien, André Moisan répond au magazine “Le Point”
    Nous ouvrons notre site par une tribune libre, un cri du cœur et de la raison face à la désinformation ambiante qui sévit dans les médias français sur tout ce qui touche de près ou de loin à l'État d'Israël.

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    André Moisan, Breton Israélien depuis quinze ans, répond avec brio au dossier qu'a consacré l'hebdomadaire “Le Point” (N° 1851 du 6 mars 2008) à l'État hébreu pour les soixante ans de sa renaissance.

    Trugarez vras à André pour cet article.

    Abonné au Point depuis plus de 20 ans (avant mon arrivée en Israël, en 1993), je m'attendais, en lisant ce gros titre en couverture, à trouver dans un magazine de droite, un reportage intéressant et, pour une fois, équilibré, complet, décent, voire élogieux sur ce jeune pays, « pas comme les autres », pour son soixantième anniversaire. Hélas, amère déception, révolte même, devant la présentation insolente d'un Israël, qui depuis sa « re-naissance » en 1948, lutte pour sa survie, en état de miracle permanent.

    Ce que je reproche à ce reportage, d'une façon générale, c'est son total manque d'empathie envers ce peuple. Je sais bien que cela ne se commande pas, mais au moins vos journalistes eussent dû faire preuve d'un minimum d'objectivité et de courtoisie ! Voici, résumés, mes principaux griefs :

    Aucune allusion au refus historique, par les Pays arabes, de la Résolution 181 de l'ONU, instituant le partage en deux Etats du territoire de la Palestine (ou de ce qu'il en restait !). Les Juifs ont accepté ce partage, malgré le morcellement ; les Arabes, NON ! Les Juifs ont ainsi pu fonder leur Etat (1947). Par contre, les Arabes ont préféré « le feu et le sang ». Ce fait est capital dans le conflit israélo-palestinien, car de là découlent toutes les guerres qui suivent et qui continuent…

    Vous évoquez le massacre de Deir Yassin (alors que les combattants juifs avaient demandé aux Arabes d'évacuer les femmes et les enfants de ce village !), mais vous vous gardez bien de parler des nombreux massacres arabes, comme par exemple celui d'Hébron en 1929… Vous parlez de la NAQBA palestinienne (700.000 Palestiniens qui fuient leurs villages pour se réfugier dans les pays frères aux alentours). Mais vous vous gardez bien de parler de la « NAQBA » des Juifs expulsés des pays arabes et islamiques (1.000.000, dont les 2/3 trouvèrent refuge en Israël, où ils furent intégrés, sans l'aide de l'ONU ou de l'UNRWA).

    « Territoires occupés » (F. Mitterrand préférait dire : « Territoires disputés ») : aucune explication pour vos lecteurs. Il faut pourtant préciser que jusqu'en 1967, il n'y avait pas de Territoires occupés par les Israéliens, néanmoins la guerre existait ! Par contre la Jordanie, elle, « occupait » la Judée et la Samarie (Cisjordanie), de 1948 à 1967, sans l'aval de l'ONU ! Personne ne trouvait à y redire, la Nation et l'Etat palestiniens n'existaient pas encore… A quel Etat appartenait alors la Cisjordanie ? Je vous le demande. Après la victoire contre la coalition arabe de 1967, la Cisjordanie est « occupée » par Israël, mais pas « annexée » comme l'avait fait auparavant la Jordanie. Pourtant l'histoire montre que le vainqueur d'une guerre annexe les territoires conquis (voir l'Alsace et la Lorraine !).

    Aucune allusion au « Triple NON » de Khartoum, au lendemain de la guerre de 1967, où les Etats arabes refusèrent toutes négociations de paix avec Israël.

    Il est important de préciser que, d'après le Pr Jules Basdevant, ancien Président de la Cour de Justice Internationale, ce terme d' « occupation », « désigne la présence de forces militaires d'un Etat sur le territoire d'un autre Etat » A quel Etat appartenait ce territoire, puisque l'Etat palestinien n'existait pas ? La Jordanie ? Le Mandat britannique ? Les Ottomans ?

    La Résolution 242 (1967) prévoyait un retrait des forces armées israéliennes DE et non DES (ni de TOUS les) Territoires en question. Ce détail est capital, mais qu'en sait votre lecteur lambda ? Ce sont ces précisions qui manquent dans votre reportage : elles sont pourtant capitales pour comprendre de façon équilibrée l'origine et la complexité du conflit. Mais mes reproches ne s'arrêtent pas là !

    · Pourquoi parlez-vous à plusieurs reprises de « l'humiliation des armées arabes vaincues ? Etre vaincu, c'est toujours humiliant, surtout lorsqu'on est l'instigateur de cette guerre perdue ! Sensibilité arabe ? · Votre définition du Sionisme comme étant d'abord une révolte contre la fatalité est manifestement réductrice. · Ben Gourion, bien que laïc, n'a pas écarté la religion en fondant l'Etat juif, bien au contraire (il avait toujours la Bible à son chevet !). La notion de « Nation juive » et de « Peuple juif » se définissait pour lui par les paramètres suivants : - Une langue ( l'Hébreu qui n'avait jamais cessé d'être parlé) - Une Ecriture ( l'Hébreu qui n'avait jamais cessé d'être utilisé). – Un calendrier divisant l'espace et le temps, sans rapport avec le calendrier grégorien. – des frontières (fixées par l'ONU). – Un drapeau (blanc-bleu, avec incrustation de l'Etoile de David), et un hymne national (Ha TIKVA), et une armée. – Une Religion (le Judaïsme), clef de voûte du Peuple juif. ·

    Pour contrer la Bible, vous ne trouvez pas mieux que de citer Israël Finkelstein, un archéologue israélien, (contesté par ses pairs, mais cela, vous vous gardez bien de le dire).

    Ce “scientifique” engagé a “découvert” que l'Auteur des Psaumes, « le roi David, n'était pas un grand roi, mais peut-être un chef de bande » ! D'où votre conclusion scandaleuse : « Israël, fruit de la propagande ? A chacun sa Terre promise » ! · Passons sur « des chiffres records », mis en encart, en petits caractères (il faut être discret pour ne pas blesser la susceptibilité des Français !). Par contre, une page entière pour la photographie de Ronit Elkabetz, actrice dans le film « La visite de la fanfare ». ·

    Passons aussi sur la détresse des nouveaux pauvres (en France aussi, non ?), qui vous permet de conclure : « Le mythe de l'Israël égalitaire s'effondre », rançon d'une économie israélienne d'une insolente bonne santé : Croissance : 4,7 %, Chômage : 6,5 %, budget excédentaire, malgré l'état de guerre permanent ! · Vous citez, cela semble vous plaire, un certain Victor Klemperer qui compare le sionisme au nazisme ! Mais Jacques Maritain comme Jacques Ellul, vous ne les connaissez pas !

    TSAHAL : une institution en faillite ? Votre reporter a certainement enquêté dans les milieux resquilleurs antimilitaristes, comme il en existe dans tous les pays du monde. Je connais personnellement, dans mon entourage, une bonne dizaine de jeunes de 18 à 25 ans qui seraient déshonorés de ne pouvoir faire l'armée. La mère de l'un d'entre eux lui conseillait une planque ; celui-ci lui a répondu : « Non ! maman, je veux les commandos de choc, comme mon frère aîné ! » Un enthousiasme et un sens de leurs responsabilités qui m'époustouflent, et un sionisme qui est loin d'être obsolète… · Vos lecteurs ignorent certainement que Tsahal est la seule armée au monde où l'on enseigne aux jeunes recrues l'éthique dans les combats contre l'ennemi… Je constate aussi que de plus en plus de jeunes militaires portent la kippa, le sentiment religieux est toujours présent… ·

    Pourquoi, dans votre enquête, éludez-vous complètement le problème religieux ? Le judaïsme est pourtant à l'origine du Sionisme avant la lettre : « Si je t'oublie, ô, Jérusalem, que ma dextre m'oublie, que ma langue se dessèche dans mon palais », ou « l'an prochain à Jérusalem ». ·

    Pourquoi faites-vous silence sur la présence juive continue en Terre sainte, même après l'expulsion en 70, et malgré les persécutions ? N'est-ce pas là un attachement viscéral à leur Terre et donc la meilleure légitimité de la « Re-naissance » de leur Nation ? C'est ici qu'il faudrait citer l'Exclamation de Bonaparte, le 1er floréal an VII de la République Française, dans une « proclamation à la Nation juive » : « …Héritiers légitimes de la Palestine, levez-vous ! Montrez que la puissance de vos oppresseurs n'a pu anéantir le courage des descendants de ces héros qui auraient fait honneur à Sparte et à Rome… Un peuple qui pleure encore, près de 2.000 ans après, sur la destruction de son Temple, est un peuple éternel ! » Mais revenons à votre enquête et au choix des photographies pour illustrer votre texte :

    Pour amuser le gogo, une belle photographie, pleine page, d'un Juif ultra-orthodoxe sur une plage de Tel Aviv, sans doute la photo du siècle ! En 15 années, je n'ai jamais vu un ultra-orthodoxe sur une plage de Tel Aviv !

    A propos de Tel Aviv, justement : une honte ! 12 photographies de la métropole, aussi laides les unes que les autres, et quelles vues ! Ma ville où j'habite avec bonheur, je ne l'ai pas reconnue ! On se croirait dans une banlieue du Tiers-Monde.

    Où sont ma « ville blanche », inscrite au Patrimoine Mondial de l'UNESCO (2003), qui fête cette année son centenaire, ses plages super équipées, bordées sur des kilomètres par la « Taielet » [promenade], son architecture, ses quartiers si sympathiques comme, par exemple, « Neve Tsédek »? Etc.

    Et JERUSALEM ? Rien, pas une photo, pas un mot sur la capitale de l'Etat, sur le Mur des Lamentations, sur les synagogues, pas même celle détruite par les Jordaniens, qui jouxtait les deux célèbres Mosquées, lesquelles sont toujours à l'honneur, elles ! C'est à croire que Jérusalem ne fait pas partie d'Israël, n'appartient pas au Peuple juif ! Qui donc l'a fondée ? Quel autre peuple que les Juifs en a fait sa Capitale depuis 3.000 ans ? Sans doute votre journaliste emboîte-t-il le pas aux Nations qui refusent « l'annexion » de la Ville par ses propriétaires légitimes et immémoriaux !

    Pour Le Point, si je comprends bien, Jérusalem, capitale d'Israël, ne sera pas partie prenante des festivités du soixantenaire.

    André Moisan.

    Tel-Aviv.

    Association Bretagne-Israël : http://www.horizonsbretons.org/blogs/index.php?blog=20

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    contact: kesed1963@yahoo.fr

    שלום מארץ יהודה

  • FITNA DIFFUSÉ PAR RIPOSTE LAIQUE

    Matsada – infos

    Sortie de Fitna

    Le film Fitna, malgré un ensemble de pressions des islamistes et du gouvernement hollandais, vient de sortir sur internet. « Riposte Laïque », sans porter de jugement à chaud sur cette oeuvre, se réjouit que la liberté d’expression ait triomphé de la censure et des menaces, et met à votre disposition la version française de ce film, ainsi qu’une interview du député hollandais Geert Wilders.

    Traduction de Fitna en Français

    http://www.dailymotion.com/bivouac-id/video/x4vfdf_fitna-version-francaise-geert-wilde_news

    Interview de Geert Wilders

    http://www.bivouac-id.com/2008/03/27/exclusif-bivouac-id-linterview-video-de-geert-wilders-fitna-en-version-francaise/

    Interview de Geert Wilders

    http://www.bivouac-id.com/2008/03/27/exclusif-bivouac-id-linterview-video-de-geert-wilders-fitna-en-version-francaise/
    Interview de Geert Wilders

    http://www.bivouac-id.com/2008/03/27/exclusif-bivouac-id-linterview-video-de-geert-wilders-fitna-en-version-francaise/

    Editeur : Riposte Laique
    http://www.ripostelaique.com

  • INTERVIEW DANS LE FIGARO D'ARNAUD LAGARDÈRE "EN DIX ANS, LAGARDÈRE EST DEVENU 100% MÉDIA"

    Propos recueillis par Marie-Laetitia Bonavita, Gaëtan de Capèle, Yann Le Galès et Enguérand Renault
    13/03/2008
    .
    «Nous prévoyons encore cette année une croissance du résultat opérationnel de 3 à 7 %», confie Arnaud Lagardère.
    «Nous prévoyons encore cette année une croissance du résultat opérationnel de 3 à 7 %», confie Arnaud Lagardère.

    Arnaud Lagardère s'explique aujourd'hui sur sa stratégie, l'avenir d'EADS et la conjoncture économique.

    LE FIGARO. - Vous avez présenté, hier, les comptes 2007 qui pour la première fois n'intègrent plus EADS. Est-ce un signal fort ?
    Arnaud LAGARDÈRE. - Oui, c'est un symbole important. A la question : qu'est-ce que le groupe Lagardère, la réponse est désormais simple, c'est un groupe média. C'est pourquoi nous n'avons pas consolidé EADS dans nos comptes 2007. L'année dernière, toutes nos branches d'activité ont dépassé nos prévisions. Les entités sport et média ont été les véritables moteurs de croissance et ont dégagé des marges élevées. La branche édition a fait preuve de solidité et la branche presse a connu un net redressement. Au total, le résultat opérationnel du groupe a progressé de 10 %, à données comparables, pour atteindre 636 millions d'euros. Pour 2008, nous prévoyons encore une croissance du résultat opérationnel de 3 à 7 % alors même que nous avons choisi un scénario dans lequel l'euro est à 1,50 dollar et l'économie mondiale traverse une légère récession.

    Cela fait dix ans que vous êtes devenu cogérant du groupe et cinq ans que vous le dirigez depuis la mort de votre père. Comment Lagardère s'est-il transformé durant cette période ?

    En dix ans, j'ai réalisé la mutation complète du groupe Lagardère. Hier, c'était un ensemble d'actifs hétéroclites, sur lesquels nous n'avions généralement pas le contrôle capitalistique. Aujourd'hui, c'est un groupe dont le cœur de métier est les médias et dont le principe de gouvernance est le contrôle du capital de la quasi-totalité de ses composantes.

    En dix ans, nous avons investi environ 2 milliards d'euros dans les médias, avec les rachats d'une partie de l'édition de Vivendi Publishing et de Time Warner Book pour environ 1,1 milliard d'euros, de Sportfive dans le sport pour 860 millions et nous avons dépensé pratiquement 200 millions d'euros en acquérant des sociétés Internet. Mais dans le même temps nous avons cédé des actifs dont nous ne détenions pas le contrôle, pour environ 1 milliard d'euros.

    Lagardère excelle dans le rôle de banquier d'affaires, mais sa stratégie n'est guère lisible. Qu'en est-il ?

    Pour mes actionnaires, il y a plus important que d'avoir une stratégie lisible : c'est d'avoir une stratégie efficace. Or, depuis dix ans, Lagardère a démontré qu'il sait être très efficace. Les chiffres sont plus forts que les mots. Chaque année depuis dix ans, le groupe a augmenté son résultat opérationnel de 11,8 % en moyenne et ce, quelle que soit la conjoncture économique. Parce que notre groupe est un groupe familial, il a la chance de pouvoir se projeter sur le long terme et de ne pas être contraint de suivre les modes année après année.

    Aujourd'hui, nous avons construit un ensemble cohérent réparti en quatre branches : l'édition, la distribution, le sport, et enfin la presse et l'audiovisuel. Nos décisions ne sont pas conditionnées par le jugement des marchés. Lorsque nous avons racheté Sportfive, nous avons fait l'unanimité contre nous. Aujourd'hui, c'est la branche la plus dynamique et la plus rentable avec une marge opérationnelle de 15 %. Depuis la cession de Club Internet, nous évitons d'être schizophrène en nous posant la question de savoir qui du média traditionnel ou de l'Internet va gagner. Notre stratégie, c'est de raisonner sur les droits, les événements sportifs et les contenus.

    Vous êtes présent dans la télé, la radio, la presse, l'édition et le sport. Privilégiez-vous un secteur plutôt qu'un autre ?

    Oui. Ces trois dernières années, Lagardère a eu l'opportunité de se renforcer considérablement dans l'édition et nous l'avons saisi. Résultat, Hachette Livre est passé du 14e au 2e rang mondial. Dans la télévision, je pensais, il y a encore trois ans, que Lagardère devait contrôler une chaîne puissante. J'ai changé d'avis, et nous n'avons pas l'intention d'acquérir TF1 si elle était à vendre un jour ou France 2 si elle était privatisée, ce que je ne crois pas. Aujourd'hui, nous avons une participation de 20 % dans Groupe Canal +. Je pense que son modèle économique, fondé précisément sur des contenus premium, est mieux protégé que celui de la télévision en clair. Nous avons le choix entre monter à 34 % du capital ou céder nos parts. Nous n'avons pas encore pris de décision. Mais je le redis, je préfère investir aujourd'hui dans des événements exclusifs et des droits que je détiendrais complètement.

    Pendant longtemps, nous n'avons pas investi dans la production audiovisuelle car nous n'avions pas tranché la question de savoir si nous voulions être diffuseur ou producteur. Aujourd'hui, nous avons penché pour la deuxième solution. Lagardère va donc participer au mouvement de concentration dans la production audiovisuelle pour en devenir un leader. Enfin, nous allons continuer de nous développer dans le sport. Il existe de très nombreux événements sportifs et de nombreux groupes à racheter, notamment en Asie et Amérique du Sud. Aujourd'hui, le sport représente 5 % du chiffre d'affaires et 10 % du résultat d'exploitation. À terme, il devrait peser entre 20 % et 30 % du bénéfice opérationnel, à égalité avec les trois autres secteurs.

    Maintenez-vous que la presse papier n'a pas d'avenir ?

    J'ai dit que la presse quotidienne, comme la presse magazine d'ailleurs, est condamnée à terme si elle ne repense pas son modèle. Mais si elle le fait, et nous nous y employons, elle a encore un grand avenir. Nous avons choisi de concentrer nos efforts sur un nombre réduit de domaines comme l'automobile, le féminin, l'information et le people.

    Dans ce cas pourquoi investir dans le groupe Le Monde ?Au départ, nous sommes entrés dans le groupe pour créer le site lemonde.fr. Puis nous avons accompagné le développement du quotidien en reprenant la régie publicitaire, avec laquelle nous gagnons de l'argent. Un jour ou l'autre, pour assurer la pérennité du Monde, on nous proposera de monter dans le capital. Notre réponse dépendra de deux conditions. Que deviendra lemonde.fr et comment s'y retrouvera-t-on financièrement ? Le pouvoir éditorial ne m'intéresse pas, je veux un pouvoir économique. Je ne veux pas que le quotidien tue le site et réciproquement. Il va falloir réconcilier les deux et je ferai tout pour que Bruno Patino reste à la tête du monde.fr.

    Votre stratégie est orientée vers les médias. Pourquoi restez-vous au capital d'EADS dont vous détenez 12,5 % ?

    Nous restons pour deux raisons. Premièrement, j'estime que le cours de l'action n'est pas là où il devrait être. Il existe un réel potentiel de hausse. Céder notre participation dans EADS ne serait donc pas aujourd'hui dans l'intérêt de nos actionnaires. Deuxièmement, lors du changement de gouvernance en juillet 2007, nous avons pris l'engagement d'accompagner pendant un certain temps l'effort qui est réalisé par tout le monde. Nous serons fidèles à notre parole.

    Êtes-vous favorable à la mise en place d'une action préférentielle ou golden share chez EADS ?

    ll est tout à fait légitime que les gouvernements français et allemand cherchent à protéger leurs intérêts. Mais ce serait une grave erreur si cette golden share allait à l'encontre de l'intérêt des petits comme des grands actionnaires ou si elle gelait excessivement les actifs de l'entreprise. Je suis donc pour une golden share raisonnable, d'autant que Bruxelles est hostile à ces mécanismes.

    La crise financière américaine et la faiblesse du dollar vous inquiètent-elles ? Quel est son impact sur le groupe ?

    La faiblesse du dollar est inquiétante pour EADS, mais a peu d'impact sur le groupe Lagardère compte tenu de la mutation accomplie. Les États-Unis ne représentent plus que 11 % de notre résultat opérationnel contre 25 % en 1998, et le marché américain n'est plus un moteur de croissance décisif pour nous. Cette crise a des aspects inquiétants car elle se traduit par une restriction des liquidités mais elle a aussi des avantages. Ainsi, nous ne sommes plus en concurrence avec des fonds d'investissement pour les acquisitions.

    Cette crise est une aubaine pour les fonds souverains. Faut-il les craindre ?

    Je suis favorable aux fonds souverains car ce sont des investisseurs à plus long terme que les autres. Ils sont loyaux. Je suis satisfait de la présence du Qatar dans le capital du groupe Lagardère. De plus, nous n'avons rien à craindre puisque la loi interdit à des non-européens de détenir plus de 20 % du capital d'un groupe de médias.

    Le patronat français est divisé. Une bataille oppose le Medef de Laurence Parisot et l'UIMM. Qu'en pensez-vous ?

    Notre groupe est une entreprise indépendante qui a choisi de ne pas être membre du Medef et qui ne s'est donc jamais engagée dans ce type de débat. Vous comprendrez que je ne le fasse pas davantage aujourd'hui.

    Redoutez-vous les prochaines décisions de l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans le possible délit d'initié chez EADS ?

    J'ai apporté toutes les précisions qui nous ont été demandées. Je suis serein.

    .
  • INTERVIEW DE BENOIT JOHNSON SUR LE RÉSEAU CANOE " LES MÉDIAS, JAMAIS AUSSI BAS DEPUIS 15 ANS

    Canoe- interview de Benoit Johnson- les médias.pdf

  • une info de Jean Marie Le Ray sur son site http://adscriptum.blogspot.com/

    http://adscriptum.blogspot.com/

    Bonjour Eric,

    Merci de me le signaler. Le nom du blog "electronicpapercommunication", me fait penser qu'il est question du papier électronique (qui sera un jour moins cher que le papier, selon les prévisions) dans la présentation d'une vidéo super connue sur le Web anglophone, que j'ai adaptée en français :

    http://adscriptum.blogspot.com/2007/06/les-temps-changent-le-saviez-vous.html

    Si tu veux relayer l'info sur ton blog, you're welcome

    Jean-Marie Le Ray

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